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22/10/2015

Pourquoi vous ne trouverez JAMAIS mes livres dans les chaînes de librairies

Le clip de Clever Pie et Isabel Fay

Et pourquoi je me présente comme éditrice

Certains écrivent des livres pour acquérir le statut d’auteur et d’artiste. D’autres pour entrer dans l’histoire. D’autres enfin pour faire reconnaître leur expertise. Les deux premiers le font en général pour la gloire et peut-être pour l’argent. Les troisièmes par contre utilisent la rédaction et l’édition de livre comme amorce. Vous l’aurez deviné : j’appartiens à cette troisième catégorie.

Non, je n’ai jamais démarché d’éditeur

Quand j’ai enfin sauté le pas et décidé d’écrire 101 ans de cinéma norvégien, je ne me suis pas posée la question de l’édition. Ou enfin si. Je ne voulais pas être l’auteure à qui on donne des dates butoir et qui n’a que peu de responsabilités sur la date de sortie et la distribution du livre final. Comme je savais déjà quel était mon objectif – un indice, ce n’était pas de voir mon nom dans une vitrine de librairie – passer par un éditeur extérieur n’aurait eu aucun sens.

Une histoire de plateforme

Si vous me connaissez depuis longtemps, vous savez peut-être que cineaster.net a été acheté à l’origine – fin 2005 – pour une société de distribution. J’avais les partenaires, le business plan. Mais au dernier moment, celui qui devait venir avec les capitaux a fait faux bond. En l’espace de quelques semaines, mon projet de distribuer des films art et essai est tombé à l’eau.
De galères en crises diverses, j’ai fini par revenir en France en 2009. J’ai démarché tous les distributeurs, festivals et salles de cinéma qui auraient pu bénéficier de mes compétences. Aucun ne m’a répondue. Comme on numérisait des livres à 700 mètres de chez moi, j’ai envoyé un CV et travaillé sur le projet Gallica pendant un an et demi. Histoire de récupérer un numéro de sécurité sociale, un salaire, etc… Début 2011, ma mission s’est achevée en même temps que la numérisation du patrimoine littéraire français. C’est à cette époque que j’ai lancé cineaster.net en mode blog sur le cinéma scandinave.
Un bilan de compétences plus tard – où un projet de festival du film a été envisagé puis enterré – j’ai décidé d’écrire pour les entreprises. Ce serait la façon la plus simple de rester dans mon Berry natal en continuant à utiliser ma matière grise. J’ai intégré une couveuse d’entreprise, lancé stilkr et eu quelques clients. Non seulement l’aventure était chronophage, mais ne me donnais guère de satisfaction. Je suis donc passée à l’étape supérieure en décidant d’écrire pour moi et seulement pour moi. D’abord en 2013 avec 101 ans de cinéma norvégien. Puis maintenant avec 15 ans de cinéma suédois contemporain. Petit à petit, stilkr est devenu un « portail internet », c’est à dire une maison d’édition et une boutique, en plus d’une structure pour louer mon expertise. Mon objectif ultime était-il de vendre des livres ? Non, bien sûr. Si cela avait été le cas, j’aurais créé un autre type d’organisme, et accepté de gagner 1€ par exemplaire en distribuant mes ouvrages dans des librairies du pays entier. Je n’aurais jamais su qui achetait mes livres. Et là, j’aurais souffert.

Je ne vends pas des livres, je collectionne des cinéphiles

Car ce que je chéris le plus dans mes aventures scandinaves et cinématographiques, plus que littéraires et entrepreneuriales, ce sont mes prospects et mes clients. Ce sont des personnes cultivées et curieuses. C’est pour eux que j’écris des livres, que je dégote des bandes originales de films et que j’explore internet à la recherche de courts-métrages et extraits divers. Pourquoi ? Parce que je sais que c’est eux qui m’aideront et m’accompagneront dans mes prochaines aventures.

Je construis un empire

Mon premier livre, puis mon second livre, me permettent de mieux connaître les cinéphiles à tendance scandinave. Je vois ce qui les fait réagir, ce qui les intéresse et je sais qu’à tout moment je peux les contacter pour les informer d’une sortie de film, d’un article ou d’un produit. Alors bien sûr, j’écris, j’édite et je commercialise des livres. Mais je parle également lors d’animations dans les festivals et cinémas art et essai. Et surtout, je compte développer mes activités à une toute autre échelle dans les années à venir. Quand ce moment arrivera, pouvoir contacter mes prospects et clients, sans passer par des entremetteurs ou des budgets publicitaires énormes, sera alors un véritable atout dont je n’aurais jamais pu faire l’expérience en n’étant qu’auteure éditée par une société autre que la mienne vendant ses livres à des acheteurs anonymes.